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Clovis Grimm
Messages : 120
Lien de sang ? : Quirin Kayser
Lun 7 Jan - 14:31
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Clovis


Prénom(s) : Clovis  ➤ Surnoms: Cloclo ➤ Age: 21 ans ➤ Race : Vampire ➤ Date de naissance : 8 décembre 3279 ➤ Nationalité : Française  ➤ Métier/Activité: Herboriste/Adepte Arrakis ➤ Statut : Esclave de chair ➤ Groupe sanguin : 0-  ➤ Pêché mignon : La sang ➤ Grande peur : Être sans liens sociaux ➤Grand rêve : Sujet nébuleux puisqu'il ne le sait pas ➤Situation familiale : Particulière. En résumé, sa secte est sa famille.


Pourtours de visage



• Taille : 1,65m
• Poids : 70kg
• Couleur de cheveux : Noir
• Couleur des yeux : Vert émeraude

• Tatouages, piercings, cicatrices ?
Nombreux tatouages tribaux, un tatouage de scolopendre sur son dos ainsi que plusieurs cicatrices discrètes provenant d’autoflagellation, ses canines et ses incisives latérales sont taillées en croc, sa langue est modifiée pour être bifide (tongue-split) et ses oreilles ont été amputé pour les modelés à la forme qu’arbore certain grand vampire des classiques littéraires (ear pointing).

• Particularités sur sa santé physique :
Il a une meilleure vision dans le noir que la moyenne des humains puisque ses yeux ont été peu exposés au soleil. Cependant, à cause de cela, la lumière l'incommode grandement.

• Tics & Manies :
Il fait souvent jouer sa langue sur ses canines et ses incisives latérales et il a tendance à mordiller la phalange de son index gauche lorsqu'il pense.

• Garde robe :
Il porte énormément de vêtements amples qui lui laissent toute liberté de mouvement. Il aurait, de toute manière, bien de la difficulté, à apprécier les costumes élégants que l’on peut observer chez la noblesse. Ayant l’habitude de se servir de ses autres sens pour se déplacer, il est sensible à tout frottement ou serrement contre sa peau. Le genre de contact perpétuel qui l’éreinte et le rend grognon. En plus, s’il devait porter de telles pièces, il ne pourrait plus fièrement étaler son style rapiécé qui est inspiré des techniques de sashiko. Petite mention, à ses pieds qu'il garde dénudés lorsqu'il est en intérieur. Une habitude qu’il tient de son style de vie diurne particulier. Soit qu’on est coloré soit qu’on ne l’est pas-

• Description :
Le physique de Clovis est à la fois particulier et parfaitement banal.
Il a ce côté « commun » qui comporte tout trait de base, à faible variante, dans la population. Dans cela, on pourrait souligner sa chevelure d’un ton ébène, le vert profond et éclatant que renvoient ses yeux ainsi que son teint de peau un peu blanchâtre dû à son manque d’exposition au soleil. Vient, par la suite, une sous-section que l’on pourrait désigné de « personnalisable », mais qui reste imprégné de cette perspective commune. Cela peut autant être par effet de mode ou de style. On y retrouve, par exemple, la longueur des cheveux. Notre protagoniste, pour sa part, les portes long alors que le côté droit de sa tête est rasé. Le côté gauche, quant à lui, est remarquable par sa frange. Pour éviter de s’incommoder avec leur tombée sur ses épaules, Clovis va habituellement garder ceux-ci attachés par une queue de cheval portée haute. On pourrait également insérer ici la description précédente qui concernait ses habits.

La perspective « particulière » est rattachée à tous les petits traits physiques qui nous distinguent de notre voisin. Ceux qui nous apparaissent lorsqu’on s’y attarde un instant. Pour le cas de notre concerné, on pourrait parler de son nez fin et légèrement retrousser vers le bas, de ses lèvres généreuses et de ses épaules à la fois larges et découpées de manière raffinée. Le petit bonus étant sa pomme d’Adam qui ne manque pas de se faire remarquer finement. Dans cette grande famille, on retrouve aussi la sous-catégorie que certains nommeraient de « marginal » tandis que d’autres parleraient plutôt « d’originalité ». À vous de savoir ce que vous préférez entre les deux termes. Pour garder cela bref, on pourrait mentionner ses jolis petits crocs, sa langue de dragon et ses oreilles vampiriques.


Esquisses de l'esprit



• Trois qualités :
Il retrouve facilement le moral lorsqu’il prend des coups durs, il est débrouillard en tout point et il est attentionné, mais à sa manière.

• Trois défauts :
Il doute facilement de lui, il se sent facilement esseulé et il a la mauvaise habitude de démontrer son intérêt en étant ingérable, épuisant et harcelant.

• Préférence sexuelle et romantique : Ambivalent polyamoureux à tendance sado-maso.

• Description :
Comme nous tous, Clovis a une attitude très variante selon les personnes et les situations et comme nous tous il a un caractère fortement défini. Notre personnalité est bien l’une des choses qui nous permettent de nous considérer uniques! Dans tous les cas, il serait bon de se rappeler quelques proverbes si, par mésaventure, vous veniez à trouver notre protagoniste des plus désagréable. Vous savez bien! Ce genre de petites phrases : « Qui sème le vent récolte la tempête », « Il n’y a pas de feu sans fumée », etc. En raison de cause, vous l’aurez compris, je vais uniquement aborder son caractère puisqu’il existe une infinité de réponses à une infinité de situations. Il est pratiquement impossible de parler de son attitude dans chacune d’entre elles. Entreprise qui reste du moins possible si l’éternité est votre âge.

Alors! Commençons par ses qualités. Clovis est quelqu’un d’assez dévoué et d’attentionné dans la mesure que vous acceptez sa manière de l’exprimer… Après tout, il ne s’agit pas d’un trait qui lui est totalement inhérent. Assez jeune, il ne montrait guère de tel signe, mais par la force des choses celui-ci a dû le devenir. Il s’agit donc d’une attitude très instable chez lui. Inversement, son côté détendu est aussi bien enraciné et présent que de la mauvaise herbe dans un sol riche. Il y a peu de situations stressantes qu’il n’aborde pas avec un sang froid insultant. Hormis cela, on pourrait souligner son penchant débrouillard. Du moins, c’est le cas lorsqu’il ne doute pas de lui même. Ce qui, d’ailleurs, est assez problématique puisqu’il a tendance à se laisser plonger dans ce négativisme. Au moins, il retrouve facilement son moral. Un rien lui suffit!

Maintenant que cela est fait, poursuivons avec deux de ses habitudes. Celles-ci sont très liées à son histoire, mais permettons-nous de les sortir de leur contexte un instant. Uniquement pour la beauté de les nommer : le don de chair et le boire du sang.

En plongeant un peu plus notre regard sur son histoire d’avant le manoir, il est possible de mieux comprendre la nébulosité de ses rêves et de ses envies. En partant avec la logique que chaque humain en possède, Clovis doit forcément en avoir? C’est certainement le cas! Cependant, dès son enfance, celui-ci a dû s’efforcer à les rendre muets pour être en harmonie avec les préceptes de don de soi, envers les vampires, prôné par sa secte familiale. Pauvre de lui. Peut-être un jour les connaitra-t-il et saura-t-il davantage ce qu’il veut dans la vie ainsi que ses attentes envers elle…?



Péripéties d'une vie




An 3279
À plusieurs kilomètre du Bourbier 
Premier Jour

Perdue sous le rideau d’une tempête de neige, en cette ère de froideur, une maison modeste faite de rondin se révèle à ceux qui savent où la trouver dans ce méandre sans repère visuel. Le vent gronde sauvagement dans toute sa fougue. La neige et la glace qu’il emporte avec lui sont un millier de bêtes minuscules qui s’acharnent contre la protection proférée par les murs de cette demeure. Malgré ces gardiens, il y a par endroit des flocons qui parviennent à passer cette muraille pour s’immiscer de manière éphémère dans le lieu de vie des habitants. Notamment, dans la vie d’un être qui vient tout juste de naître et qui pousse son premier crie de douleur. L’air nouveau écorche ses poumons ainsi que sa gorge tout en le frigorifiant. C’est une femme vêtue pauvrement qui le tient dans ses bras comme s’il s’agissait de son propre enfant. Pourtant, c’est la dame qui est couchée en face d’elle, sur une paillasse sommaire, qui vient de le mettre au monde. D’une voix un peu haletante et épuisée, elle se prononce.

- Quel nom la famille a-t-elle décidé?

Celle qui joue le rôle de sage-femme lui sourit et répond d’une voix douce.

- Pour ce premier-né, il a été décidé qu’il aurait le nom de Clovis. Il semble en santé et fort. Il saura porter les espoirs qui sont siens.
- Oui, surement. Et il aura tant à accomplir pour être digne de son titre.

La sage-femme se contente de hocher sa tête, pour signifier qu’elle pense pareille. C’est alors que deux autres personnes rentrent dans la pièce pour prendre la relève. Ils sont là pour nettoyer les lieux et pour soutenir la femme qui vient d’accoucher. À l’inverse, la sage-femme recouvre d’un drap le bébé qu’elle porte dans ses bras puis elle quitte l’endroit pour rejoindre la salle commune; comme les habitants de cette demeure la nomment. Elle fait le tour de chacun des membres de la famille pour leur présenter l’enfant. Chacun de ceux-ci lui offre une bénédiction. Pour ce faire, ils entaillent légèrement leur pouce puis ils dessinent un trait, à l’aide de leur sang, sur le front de l’enfant. Certains ajoutant une phrase simple ou quelques mots pour le saluer dans cette famille qui est maintenant sienne ou pour lui porter chance. Ainsi se poursuit ce geste presque mécanique jusqu'à ce que vienne le tour de l’ancêtre des lieux. Il s’agit d’un premier-né qui est revenu auprès des siens après sa servitude au Manoir et à l’annonce de la mort de son prédécesseur. Comme tous les autres, il marque de son sang chaud le front de ce poupon. L’enfant ne parait pas ébranlé par ce contact qui lui est chaleureux. Ses faibles perceptions du monde l’empêchent, pour l’heure, de comprendre. Qui plus est, la perte imminente de l’une d’entre elles sera loin de l’aider dans cette voie. En effet, le jour ne va pas tarder à se lever. Il est donc tant pour tous les habitants de la maisonnée de couvrir leurs yeux d’un bandeau et d’aller se coucher. L’ancêtre commence donc à dénouer méthodiquement un morceau de satin, qu’il a récupéré pendant son séjour au Manoir, de son poignet puis en couvre les yeux de Clovis. Il lui fait là un cadeau des plus précieux en le liant déjà à la vie qu’il aura dans 20 ans. Cependant, avant cette existence il aura de nombreux apprentissages à faire et des rites à passer. Non seulement est-il un premier-né, mais il est également un membre à part entière du culte que l’on nomme arrakis garance. 


An 3284
Salle commune
5 ans

Assit à une table longue, construite de manière sommaire avec les moyens du bord, la voix aiguë et encore enfantine de Clovis s’élève d’incompréhension. Elle frôle les limites de l’indignation. Devant lui se trouve le seul plat de viande de toute la maisonnée. Son malheur étant que son tuteur lui refuse l’accès alors que ce repas lui est en partie destiné puisqu’il est un premier né.

- J’ai faim!
- Tu mangeras lorsque tu auras rendu grâce.
- Non! Je veux pas. Ils sont même pas ici.
- Tu te dois de le faire. Sans eux tu n’aurais même pas à manger.

Malgré l’agitation que le jeune homme provoque, l’attention des autres ne semble pas se porter sur le duo. Après tout, il s’agit là d’une scène courante de leur quotidien. Clovis faisant des misères à son tuteur, qui fut choisi tout spécialement pour lui dès ses premières heures de vie, est coutume. Étant encore jeune, il peine à cerner toute la complexité et le symbolisme derrière les gestes et les rites de sa secte familiale. Il est cependant conscient que le concept de « famille » englobe tous les membres de leur groupe et ce peu importe qu’ils soient du même sang ou non. Dans le même ordre d’idée, ses parents ne sont pas deux figures d’autorité de qui il est issu. Il s’agit plutôt de tout adulte présent dans la maisonnée et souhaitant s’impliquer. Il ne connait ni son « véritable » père ni la femme qui lui a donné naissance; malgré que ceux-ci vivent forcément à ses côtés. 

- Alors j’en veux pas!

Sur ce cri énonçant toute sa frustration il se leva en fessant la baboune puis il se dirigea vers le dortoir. Le voyant partir, Flavien soupira d’exaspération en se disant qu’il allait être son tuteur pendant plusieurs années. À peine cette idée venait de lui traverser l’esprit qu’il aperçut Clovis se faire saisir soudainement son poignet avec fermeté alors qu’il venait tout juste de rejoindre le cadre de porte. En réaction, l’enfant tira de toute ses forces pour se libérer même si ce geste était futile à cause de son jeune corps. L’ancêtre, qui le tenait, ignora ses tentatives de libération et le força à le suivre jusqu’à la table. Il le força à s’asseoir devant son plat puis il gifla le garçonnet avec assez de force pour laisser une marque rouge sur sa joue.

- Il a grandi Flavien. Tu es trop doux avec lui. Crois-tu réellement qu’ils le seront autant que toi? Ton rôle est de le former, mais surtout de le préparer. Crois-moi, tu ne veux pas échouer à ce rôle et me voir contraint de prendre ta place. 
- Je sais… Mais il est encore jeune…
- C’est pour cela que je ne te demande pas de l’initier à nos rites. Il n’a pas encore l’âge. Par contre! Il t’est demandé de le faire obéir. Il doit comprendre dès maintenant qu’il a des privilèges, mais qu’il doit les mériter. 

L’ancêtre leur fit dos pour s’en retourner de là où il était arrivé. En chemin, il se prononça de nouveau sans leur faire face.

- Le jour se lève, tout au plus, dans deux heures. Si tu ne veux pas avoir à le faire manger les yeux bandés alors profite de la nuit pour le faire obéir.

C’était sous les pleurs acharnés de Clovis que cette conversation s’était tenue ainsi que la disparition de l’ancêtre vers une autre partie de la maison. Le petit garçon n'avait plus en tête l’envie de se lever, mais il n'était pas non plus prêt à effectuer ses grâces. Son tuteur eut un premier geste d’approche dans l’optique de le consoler en le serrant dans ses bras, mais il se rectifia. Les mots de l’ancêtre résonnaient de nouveau dans son esprit. Il fit une moue contrariée.

- Je sais que tu as mal… Que tu as faim et que tu ne veux pas le faire. Que tu ne comprends pas pourquoi tu dois le faire. Malgré cela, tu dois t’y plier. Ils ne sont pas ici, mais ce sont eux qui nous fournissent cette viande et nous permettent de vivre. Alors tu dois leur rendre grâce. C’est comme quand tu dis merci à la fin de ton repas même si le cuisinier n’est pas là. Sauf qu’au lieu d’être à la fin c’est au début.

Clovis l’écouta sans arrêter de pleurer. Il resta longtemps en larme. Assez pour qu’il commence à développer un mal de tête qui le tiraille. À cela se jumelait son estomac creux. L’inconfort qu’il ressentait et l’inaction de tous firent en sorte qu’il se calma de lui-même à défaut d’avoir d’autres choix à sa portée. Il essuya doucement ses yeux du revers de sa manche puis il renifla une dernière fois.

- Quand tu auras fini, si tu te dépêches, on aura un peu de temps pour dessiner dans la neige avant le lever du soleil.

Ébranler, il resta silencieux à la proposition de son tuteur. Il ne comprenait pas pourquoi, depuis peu, tous se montraient aussi stricts envers lui. Il croisa ses doigts et les referma sur ses mains avant de porter ses coudes sur la table. Il plaça son front contre ses poings. D’une voix faible et tremblante, il dit ses grâces. La fin de la nuit fut fade tout comme son repas qui lui était pourtant si délicieux normalement. Il manqua même de peps au jeu extérieur avec son tuteur malgré qu’il adorait dessiner… Le moment venu, il alla se coucher après avoir bandé ses yeux avec son morceau de satin. Le tout sous la surveillance de Flavien qui le laissa par la suite. Ce fut que bien plus tard que Clovis gagna son sommeil par épuisement. Il venait officieusement de franchir le premier de nombreux pas qu’il aurait à faire pour surmonter les défis qui l’attendaient.


An 3291
Extérieur en face de la maisonnée
12 ans

Haut dans le ciel le soleil fait grâce à tous en ce jour radieux. Il s’agit de l’une des rares journées où le temps est clément avec le reste de l’humanité. Malgré cela, le froid était là et rongeait tous ceux qui restaient trop longtemps à l’extérieur. Au moins, sa morsure était plus douce qu’à son habituelle, à cause des chauds rayons de l’astre céleste. C’est sous cette bénédiction que Clovis se trouve. Comme il aime tant le faire, il dessine dans la neige à l’aide d’une branche. Il s’en sort assez bien malgré ses yeux qui sont bandés. Les choses étant ainsi depuis le jour de sa naissance, il sait aussi bien vivre à l’aveugle le jour que la nuit en voyant. Il est seul depuis un long moment, puisque toute la maisonnée dort hormis le gardien, mais voilà qu’il entend quelqu’un sortir et s’approcher de lui. La neige craque et grince en cédant sous le poids de la personne. Très vite, il sait de qui il s’agit. Il connait très bien le son de cette démarche comme toute celle des autres membres de sa famille. C’est Flavien, son tuteur.

- Ça fait un moment que tu es dehors. Suffisamment pour que le gardien vienne me quérir à ce sujet alors que je dormais. Tu ne trouves pas le sommeil?

Flavien bâilla doucement; étant encore endormis. En réponse de quoi, Clovis fit une moue tandis qu’il réfléchissait. Il était stressé, en effet, et ses épaules lui paraissaient lourdes sous toute cette tension.

- Oui… Je suis inquiet pour ce soir… Pour le rite. Et puis quand je me suis réveillé, j’ai commencé à penser à toutes ces questions que j’ai. Alors je n’ai pas réussi à me rendormir… 

Flavien secoua sa tête à ses dires et s’approcha un peu plus de lui avant de s’accroupir; puisque Clovis était assis au sol.

- Au lieu de ressasser toutes ces interrogations et les laisser te tourmenter, tu aurais dû me le dire. Je suis là pour y répondre non?
- Je… Je présume oui…
- Alors, vas-y. Dit-moi.

Clovis pensa un instant en silence. Se demandant par quoi commencer. Il avait plusieurs questions certes, mais il souhaitait surtout être rassuré. On ne lui avait guère parlé de ce qui allait ce passé et ce qu’il aurait à faire. Flavien, respectant ce silence, ne se prononça pas. Il savait très bien que son jeune interlocuteur avait compris son message et qu’il parlerait lorsqu’il serrait prêt à le faire. Ce qui finit par se produire lorsqu’enfin il se fut décidé sur le sujet à aborder.

- Je sais que les vampires sont une espèce supérieure. Et qu’on les vénère. Mais pourquoi, dans ce cas, nous est-il interdit de devenir l’un d’eux?
- C’est parce que tu es né parmi les Arrakis. Tu es né dans notre famille alors ton destin n’est pas de devenir un vampire, mais de servir ceux-ci. C’est aussi simple que cela. Mais bon. Après, quand tu seras partie, plus personne ne sera là pour te surveiller.

Flavien se releva avec énergie et entrain.

- Tu sais quoi ?! Tant qu’à être réveillé, allons chercher de l’eau. En chemin, on pourra parler tranquillement. Bouger va te détendre tes muscles.
- Oui. Pourquoi pas ? 

Chacun alla prendre un seau de bonne taille ainsi qu’un piquet pour la glace avant de se mettre en route vers la rivière gelée. Un faible vent froid se fit ressentir dès qu’ils furent éloignés de la maisonnée. Rien de bien méchant. Ils purent même apercevoir quelques animaux du coin. Ceux-ci se déplaçaient silencieusement, mais le bruit qu’ils provoquaient dans la neige trahissait leur présence; par moment. 

- Pourquoi les premiers-nés sont-ils contraints à davantage de rites que les autres?
- Simplement parce que vous n’êtes pas comme les autres. Tu auras à vivre une vie qu’ils n’auront probablement jamais. C’est pour te préparer à ce qui t’attend. L’ancêtre à raison… Ils ne sont pas toujours doux…

À cela, Clovis ne dit rien. Le silence étant parfois la meilleure des réponses. Et puis il fallait admettre que son esprit était déjà parti sur une autre question qui le turlupinait. Tout en continuant de marcher et de prêter attention au chemin à suivre, il revoyait dans son esprit les nombreuses cicatrices que des premiers-nés, dans leur famille, avaient. Certain s’était sur leur bras, pour d’autres s’étaient sur leur dos ou même à leurs jambes… Cela variait d’un individu à un autre, mais tous en avaient. Cela donnait à Clovis l’impression qu’ils étaient victimes d’une affliction secrète. Son tuteur faisait partie de ceux-ci.

- Pourquoi… toutes ces marques.
- Que veux-tu dire? Tu parles des tatouages?
- Non… Je parle des cicatrices.
- Hum… C’est un autre rite. Tu en sauras plus quand tu seras plus vieux.
- Plus vieux comment?
- Quand tu auras 14 ans. Ne te tourmente pas avec cela avant l’heure.
- D’accord…

Clovis ne cacha guère qu’il était insatisfait de cette réponse. Il aurait largement préféré en savoir plus dès maintenant. Cela ne l’avançait aucunement. Il savait que si son tuteur ne lui disait pas, personne d’autre ne le ferait. Ils étaient solidaires dans les choix de son mentor et passaient par lui en cas de mésentente sur l’éducation de son protégé.

- On arrive bientôt non?
- Oui, c’est ça. Il rit un peu. Tu commences vraiment à te débrouiller de mieux en mieux. Peut-être bientôt tu pourras y aller seul.
- Oui, peut-être! Je pourrais ramener de l’eau pour tout le monde!

Flavien rit de plus belle. Il était heureux de commencer à retrouver le Clovis qu’il connaissait. Il n’aimait pas à le voir tourmenter. Il préférait largement la version pleine d’entrain et parfois ingérable. Ce qui ne signifiait pas, non plus, qu’il lui refusait de vivre ses émotions négatives. Il se devait de les expérimenter pleinement alors qu’il était jeune. Après tout, elles sont aussi naturelles que celles plus positives. 

- Donc mon premier tatouage, ce soir, c’est pour représenter mon appartenance au Arrakis et symboliser les marques des calices?
- Oui, c’est cela. Comme nous tous, ce sera une scolopendre. Comme tu as pu le remarquer, ils ne sont pas tous identiques. Certes, il représente le même insecte, mais dans des designs différents. Nous sommes à la fois un tout et une entité distincte. 
- Et c’est l’ancêtre qui va le faire… Tu seras présent…?

Tout à coup, sa gorge s’était resserrée. Ce qui l’inquiétait le plus, c'était de se retrouver seul avec l’ancêtre. Il s’agissait d’un homme qu’il considérait être rude et froid. Depuis tout jeune, Clovis le craignait. 

- Non. Je ne peux pas être présent. Tu dois passer les rites sans mon aide. Il y aura seulement l’ancêtre et son assistant.
- …
- Ne t’en fais pas. Tout ira bien. Tu n’as qu’à faire ce qu’il te dit. En plus, tu auras droit au sang.

Flavien lui sourit doucement pour le rassurer. Malgré que Clovis ne pouvait voir ce sourire, il ressentait sa présence amicale et chaleureuse. Il percevait que son tuteur voulait le réconforter. Il décida donc de faire un effort pour paraître moins déprimer à cette nouvelle.

- Oui! J’adore en boire. Surtout que c’est rare qu’on en ait.

Ils arrivèrent à la rivière gelée. Dans un silence harmonieux, ils se mirent à casser de la glace à l’aide de leur pique. Par intermittence, il déposait les blocs dans leur seau; jusqu’à ce que ceux-ci soient pleins. Une fois qu’il serait de retour à leur maisonnée, la glace serait fondue sur le feu central pour obtenir de l’eau fraiche. Il s’agissait d’une tâche à laquelle chacun s’adonnait lorsque le moment lui était propice. De cette manière, ils avaient toujours de l’eau à disposition. Ils ne vivaient pas dans le luxe, mais ils n’avaient guère à se plaindre non plus.


An 3291
Salle des rites
12 ans

Rapidement, après leur retour de la rivière gelée et suite à un somme, la nuit avait regagné le monde. Elle enveloppait leur univers de ses ténèbres. En cette nuit de pleine lune, seuls les rayons froids et réconfortants du satellite éclairaient les environs. Si cet environnement peu éclairé représentait un souci pour la majorité des humains ce n’était pas le cas pour Clovis. Ses yeux étaient habitués à la noirceur. À un point tel que cette nuit lui était aveuglant. Cependant, on ne pouvait pas dire qu’il possédait une vision nocturne; tel un chat. Ce n’était qu’une adaptation légère.

Il marchait dans cette nuit fraiche en compagnie de l’ancêtre et de Blanche; qui lui servait d’assistante. Ils ne prononçaient aucun mot tandis que leurs pas les guidaient vers une cabane isolée et à bonne distance de leur maisonnée. C’est là que leur rite avait lieu. C’était la première fois que Clovis s’y rendait, malgré qu’il connaissait son emplacement. Une fois arrivés, ils y entrèrent. L’ancêtre, suivi de Blanche, alla préparer dans la pièce unique le matériel qui lui était nécessaire. Ce n’est qu’ensuite qu’ils invitèrent le jeune garçon à se dévêtir pour se laver avec la bassine d’eau près de l’entrée. Se souvenant du conseil de Flavien, il ne posa aucune question et se contenta d’obéir. Comme demandé, il retira en entièreté ses vêtements usés et bon marché pour commencer tranquillement à se laver avec la lingette qui trempait déjà dans l’eau. Tout du long, son regard était fixé sur le seul agrément de la pièce. C’était un immense oroboros, mais représenté par une scolopendre au lieu d’un serpent. La bête, fortement réaliste, lui paraissait inquiétante. On aurait dit qu’elle était sur le point de prendre vie. Son imagination ne manquait pas de lui nuire puisqu’il la voyait s’animer et venir vers eux; intrus dans son antre. Une bouffée d’angoisse le prit. Le réalisant, il détourna vivement son regard vers l’une des bougies que Blanche venait d’allumer près du foyer. À l’aide de cette lumière, elle put mettre le feu au bois qui était déjà présent dans l’âtre. Tranquillement, le froid était chassé par cette chaleur apaisante. Clovis soupira de soulagement tandis que ses grelottements disparaissaient à mesure que la température augmentait.

- Quand tu seras prêt, va au centre du cercle.

C'est d’une voix autoritaire que l’ancêtre se prononça. Il patientait devant ledit cercle. Celui-ci tenait un crâne retourné dont les orifices avaient été bouchés afin qu’il puisse servir de contenant. Exactement comme on lui avait demandé, Clovis alla se placer à l’endroit indiqué malgré sa nudité. En apercevant le crâne, il afficha un sourire discret. Il avait hâte qu’on le lui passe afin de profiter de son contenu.

- Avant de commencer, tel que nos coutumes le veulent, il t’est offert le sang dans le crâne de l’un de nos ancêtres.

L’ancêtre le tendit à Clovis. Le jeune homme ne se fit pas prier pour le prendre. Au creux de la cavité crânienne se trouvait une mixture composée de viande très finement coupée et attendrie. Le tout était mélangé à de l’eau et avec des ingrédients dont le secret lui était inconnu. Dans tous les cas, le mélange était d’un rouge foncé et d’une consistance gluante; hormis pour les grumeaux dus à la viande crue. Il porta à ses lèvres ce verre improvisé puis il le pencha doucement. Alors qu’il buvait le contenu, il ferma ses yeux pour en apprécier toutes ses saveurs. Lentement, la mixture coula jusque dans sa bouche; qui fut enrobé de la substance. Il avalait le tout avec appétit. Lorsqu’il eut terminé, il soupira de satisfaction. Après avoir ouvert ses yeux, il tendit le crâne à Blanche. Celle-ci s’en occupa tandis que l’ancêtre continuait la cérémonie.

- Maintenant, couche-toi sur le ventre. Nous allons procéder au marquage.

Toujours en silence, Clovis s’exécuta de nouveau. Il s’étendit sur la paillasse qui était sous ses pieds. Il était transi par le froid et ses muscles étaient engourdis. Il s’agissait, en réalité, d’un avantage pour lui puisque sa situation allait réduire légèrement la douleur des actes à venir. Cet air glacé était le seul aide auquel il aurait droit; aucune pause possible. Au moins, la luxueuse paillasse faite de fourrures le protégeait du sol gelé. Quand le sujet fut installé, l’ancêtre se mit à genoux à ses côtés. Dans sa main gauche, il tenait un outil, semblable à un poinçon, qui était fait en os et dans sa main droite il avait un petit bâton de bois. Blanche était, maintenant, tout près. Elle tenait dans un contenant le liquide qui faisait office d’encre. Il s’agissait d’une texture faite à partir de cendre et d’autres pigments naturels. Sans aucun mot pour prévenir le jeune garçon, l’ancêtre commença à le tatouer. Il enfonçait son outil dans les chairs de Clovis à l’aide d’un bon coup sur extrémité en utilisant le bâton de bois comme masse. Par ce procédé, le pigment se retrouvait prisonnier dans la peau du garçon. La première étape pour la réalisation de l’oeuvre était de tracer sommairement les lignes du dessin désiré. Par la suite, son incrustation serait affinée pour en dévoiler tous ses détails. Plusieurs heures… Peut-être même une éternité dans les perceptions de Clovis. Voilà le temps que cela allait prendre. À peine les premières lignes étaient effectuées que le premier-né commençait à serrer les dents. Au début, il se disait que ce n’était pas aussi terrible qu’il se l’était imaginé. Cependant, au fur et à mesure que l’ancêtre meurtrissait sa chair, le tout devint sensible de manière exponentielle. L’outil utilisé était loin de l’efficacité de ses prédécesseurs; que l’on retrouvait lors de la modernité. Bien plus tard, lorsque le tatouage fut terminé, Clovis soupira de soulagement puis il sourit de satisfaction envers lui-même. 

- Tu m’as mal compris. La première couche est terminée. Je dois repasser par dessus pour le peaufiner.

L’apprenti désenchanta rapidement avant de grimacer par dégout envers cette annonce. Il se persuada que l’ancêtre avait fait exprès de le mettre dans l’erreur. Dans tous les cas, il se ravisa dans son geste pour rester étendu au sol. Le temps commençait vraiment à lui peser. Il aurait tellement aimé que Flavien soit là. Il aurait pu parler avec lui pour se distraire en attendant la complétion de son tatouage. Son tuteur était la personne qu’il aimait le plus; de toute sa famille.


An 3293
Salle des rites
14 ans

- Je veux Flavien!

Voilà, le cri fort et directif qui s’éleva au sein de la petite salle reculer qui servait à leurs rites. Bien sûr, nul autre que Clovis en était l’instigateur. Il y était en compagnie de l’ancêtre. Le vieil homme se trouvait debout, derrière son cadet, et à une bonne distance. Le jeune garçon était à genoux, nu, au centre de l’oroboros et il tenait dans ses mains un chat à neuf queues. Il jeta fortement l’objet sur le sol. Cela fut suffisant pour agacer le doyen plus qu’il ne l’était déjà.

- Cesse tes enfantillages et soumets-toi à nos règles. Honore nos bienfaiteurs. Tous, nous faisons le don de chair.
- Les honorer, je veux bien, mais ça, c’est non!

En silence, l’ancêtre prit un autre chat à neuf queues qui était posé près de lui. Sans rien annoncer, il fouetta durement le dos de Clovis. Celui-ci cria de douleur et voulut se relever, mais il n’en eut pas le temps. Un autre coup vint s’abattre sur lui; cela l’obligea à remettre ses genoux au sol.

- Si ce n’est pas toi qui le fait, c’est un autre qui le fera pour toi.

N’ayant aucune réponse de son interlocuteur, l’ancêtre continua de le fouetter sans prendre de pause; jusqu’à la fin. Tout du long, le bruit claquant du chat résonnait avec les cris et les sanglots du jeune premier-né. Lorsque, finalement, l’ancêtre le laissa tranquille, le garçon avait le dos ensanglanté et était en partie recroquevillé contre le sol. Les nombreuses plaies lui brulaient tout comme l’air extrêmement frais qui écorchait sa gorge meurtrie par ses cris de douleur. Sans un regard de plus, le doyen sortit à l’extérieur. Flavien y patientait. Il était évident que ce dernier avait tout entendu.

- Je te l’avais pourtant dit. Apprends-lui à se dompter lui-même avant que je ne le fasse pour vous.

Flavien se contenta de détourner son regard pour éviter de croiser celui de leur chef. Après son départ, il entra dans le temple. En apercevant Clovis, une vague d’émotion le submergea. Garder chacune d’entre elles cachée lui demanda un effort titanesque. Il ne voulait pas renforcer le désarroi de son protégé en réagissant vivement à son état. Il voulait donc s’efforcer de rester comme à son habituel. Avant de s’approcher du jeune, il prit la bassine d’eau.

- Ça va aller… C’est fini.

Pour seule réponse, ses sanglots s’accentuèrent puis il enlaça son mentor. L’avoir à ses côtés le rassurait tellement et le réconfortait. Aussitôt qu’il l’avait aperçu, il s’était senti en sécurité. Comme si, avec lui, rien ne pouvait lui arriver. Plus important encore, il savait qu’il pouvait tout lui dire et, quoiqu’il arrive, qu’il lui viendrait en aide. Flavien embrassa doucement son front puis commença à nettoyer minutieusement le dos de son protégé à l’aide de la lingette contenue dans la bassine. En le faisant, il parlait afin de changer ses idées.

- J’ai mal…
- Je sais… mais tu peux apprendre à le dompter. Cesse d’avoir peur de la douleur et accueille-la. Si tu as de la chance, comme certains d’entre nous, tu apprendras à l’apprécier.
- C’est impossible ça…
- Non, au contraire. Pour certains, c’est même très agréable. Il y en a qui font volontairement et souvent le don de chair. Bien plus qu’une fois par mois.

Clovis l’enlaça plus fortement, un court instant, puis il le relâcha. Il se plaça de manière à faciliter les soins que Flavien lui administrait. Malgré sa douceur, il affichait parfois une grimace de douleur.

- Déjà si tu le fessais toi-même, au lieu que ce soit l’ancêtre, ça serait plus supportable. 
- Si tu le dis…

Flavien abaissa sa tête tout en éloignant la bassine de lui. Il sortit de ses poches un pot contenant un onguent cicatrisant. Il couvrit doucement, une par une, les lésions du premier-né.

- Pardon… C’est ma faute si c’est l’ancien qui s’occupe de toi pour les rites. Je suis un mauvais tuteur. 
- Non, au contraire. Tu es un très bon tuteur. Il se força à lui sourire. Je t’aime beaucoup.
- Merci.
- Flavien… Raconte-moi une histoire comme tu le fais si souvent.

À l’extérieur, le temps s’assombrissait. Tout près, le grondement d’un orage menaçait de s’abattre sur la région. Ce qui advint rapidement. Elle débuta par une lourde pluie accompagnée d’éclair et se poursuivit avec des grêlons de bonne taille. Ils s’abattaient sur le toit en produisant un bruit de fracas. Au vu du temps, Flavien et Clovis décidèrent de passer un moment ensemble. Seul… Il était évident que personne ne vianderait et personne n’en avait besoin. Alors ils s’étaient dit : pourquoi ne pas en profité. L’ancêtre n’était pas là pour les surveiller et, tous les deux, en avait besoin après cette journée mouvementée…


An 3295
Salle des rites
16 ans

Le temps passait bien plus vite qu’il n’en avait l’air. Trop vite, même. Clovis avait hâte d’aller au Manoir puisque, dès sa naissance, toute sa vie avait été autour de cet évènement. Cependant, cela signifiait qu’il devrait laisser les siens pendant au moins 10 ans… Ensuite quoi? Il allait s’habituer à sa nouvelle vie. Développer de nouvelles amitiés, de nouvelles connaissances, une nouvelle place qui serait sienne… Il n’était pas encore parti qu’il se demandait déjà comment il allait choisir entre ces deux univers.

- Tu fais une sale tête pour quelqu’un qui avait hâte à cela. 

Clovis, assit au centre de l’oroboros, se retourna pour observer Flavien. Celui-ci venait d’entrer et s’approchait de lui.

- Hum… Je pensais à mon départ.
- C’est assez loin. Et puis je suis sûr que ça va très bien aller au Manoir. Après tout, tu as suivi mes conseils. Tu m’as même dépassé, je dirais.

Mal à l’aise à ses dires, le jeune homme rabattit les manches de son chandail pour cacher les quelques cicatrices sur ses bras. Il était vrai qu’il avait fini par faire partie de ceux qui aimaient à s’adonner au don de chair. Parfois, il se rendait à la salle des rites, en dehors de ses obligations, pour s’y consacrer lorsqu’il était stressé ou tendu. Cette pratique l’aidait à se détendre. Il lui arrivait, également, d’inviter une personne faisant partie de ses bons amis pour l’effectuer ensemble. 

- On m’a dit que tu avais une préférence pour les couteaux. Sois prudent. C’est plus risqué comme pratique. Je…
- Oui je sais! Laisse-moi tranquille!

Il se retourna pour lui faire dos et ainsi cacher le fait qu’il avait rougi. Vu son âge, il était évident pour tous qu’il était depuis un moment dans ce stade de sa vie, mais cela ne l’empêchait pas de vouloir garder certains trucs secrets. 

- Mais où donc est passé mon gentil Clovis ? Ha- Tu es méchant avec moi. Moi, en plus, qui avais une bonne nouvelle pour toi.

Clovis croisa ses bras et détourna son regard. Pour plusieurs, il aurait donné l’impression de bouder; ce qui était le cas. Cependant, son geste n’était pas à l’encontre de Flavien. Il se dirigeait contre lui-même. Il savait, au fond de lui, que son mentor disait vrai en affirmant qu’il avait changé. Il se confiait moins qu’anciennement, malgré qu’il l’aimait toujours autant. Quand il se l’avouait momentanément, il trouvait cela ridicule. Hormis sa gêne, il n’avait aucune raison d’agir ainsi.

- Et qu’elle est cette nouvelle?
- L’ancêtre est d’accord pour que je participe à la cérémonie, puisqu’on doit être plusieurs. Il est même satisfait de toi, dernièrement. Si tu le souhaites, dit-il sur un ton joueur, je peux m’occuper du façonnage des canines.

Plus qu’étonner et extrêmement joyeux à cette annonce, il resta sans voix. Il trouvait une telle proposition suspecte de la part de l’ancien. D’un bond, il se leva énergiquement et fit face à Flavien avant de lui faire un câlin; il ne s’arrêterait pas sur ses doutes.

- Bien sûr que je suis d’accord!

Flavien lui sourit. Il savait qu’il s'agissait d’un désir que Clovis avait, malgré qu’il ne l’aurait jamais exprimé. Lui-même trouvait surprenant cette soudaine bonté en provenance de leur doyen. Dans tous les cas, l’annonce tombait à point nommé puisque trois personnes venaient d’entrer dans la salle des rites. Il s’agissait de l’ancêtre, de Marcus et d’Oswald. Les deux hommes saluèrent chaleureusement les siens tandis que leur aîné resta silencieux. Il était présent pour surveiller le rite et semblait décidé à ne pas interagir. Puisque les préparatifs étaient en branle, Flavien fit signe à son protégé pour qu’il se prépare. 

- Ne sois pas radin sur la portion!

Clovis s’exécuta en allant rejoindre le centre du cercle. Quand Flavien fut placé devant lui, avec le crâne entre ses mains, il en prit une gorgée avant de le passer à son protégé. Le premier-né en but à son tour. 

- Je partage avec toi ce don que l’on reçoit, puisque nous sommes liés dans cette vie. Ne t’en fais pas avec le futur. À jamais, tu seras avec ta famille. 
- Tu as raison.

L’apprenti donna le crâne, désormais vide, à Oswald avant de se coucher sur la paillasse. Marcus, de son côté, s’agenouilla puis il présenta un bâton à Clovis. Celui-ci le mordit fermement. Il lui permettrait de ne pas croquer sa langue tout en écartant sa mâchoire afin d’améliorer l’espace de travail de Flavien. Quand le jeune homme fut à son aise, autant que cela était possible, Oswald et Marcus s’approchèrent. Oswald se plaça pour maintenir l’épaule gauche du premier-né tandis que Marcus s’occupa de la droite. Flavien, quant à lui, s’installa à califourchon pour avoir le meilleur angle de travail possible tout en représentant une restriction supplémentaire. C’était les canines et les incisives latérales, du rang supérieur et inférieur, qu’il allait tailler. Le but de cette modification corporel était d’honorer les vampires en rendant les premiers-nés à leur image. Ceux-ci étaient les seuls à passer ce rite, de manière obligatoire, parmi les arrakis garance. Malgré cela, tout membre de leur famille y avait accès en verbalisant ce désir. Ce qui ne rendait pas cette possibilité des plus populaires. Peu d’entre eux se portaient volontaires en raison de la douleur qui y est reliée. Ceux l’ayant passé la décrivaient comme étant lancinante et extrême; comme si on leur ouvrait le crâne.


An 3297
Lieu inconnu
18 ans

Dernier rite. Dernière année parmi les siens. Flavien et tous ceux des arrakis n’ont cessé de préparer Clovis pour cette journée. Le voilà qui se réveille, frigorifier, au milieu de nulle part. Il se releva doucement puis il secoua la fine couche de neige qui s’était posée sur lui. Il devait rentrer à sa chaumière sans autre indication que son sens du touché, de l’ouïe et de l’audition. Au-delà des apparences, cette épreuve était un défi contre soi-même. Ce n’était pas un exercice de survie. Se sentant perdu, Clovis eut comme premier réflexe de retirer son bandeau de satin. Rapidement, il se rectifia pour éviter de rendre nul, par ce geste, son test. Ce qu’il fit bien de se garder puisque la sensation des chauds rayons du soleil contre sa peau l’aida à se ressaisir. Il prit le temps de se calmer puis de penser. Il se devait d’éviter d’agir dans la hâte. C’était ce qui lui permettrait de s’en sortir.

- Il faut que je commence par me clamer…

Doucement, il inspira et expira profondément. Au fur et à mesure qu’il retrouvait son zen, il reprit contact avec ses sens. Il commençait à percevoir le son du vent provenant de la vallée ainsi que celui se heurtant contre la lisière d’une forêt. Il devait revenir la journée même alors les siens ne pouvaient pas l’avoir déposé loin; pendant qu’il avait été inconscient. Il décida de tenter sa chance, puisqu’il s’agissait d’un pari à faible risque. Il présuma que le mur d’arbre qu’il entendait était celui de la forêt qu’il connaissait, pour y avoir été souvent avec Flavien, et qui débouche près du Bourbier. À partir du village, il saurait retrouver son chemin. En fait, à la nuit tombée, il aurait aisément su quelle direction prendre puisqu’il savait se repérer à partir des étoiles. Le problème qui se posait était qu’il ne pouvait patienter jusque là. Il aurait amplement le temps de mourir gelé à cause de son habillement léger.

- La forêt… le Bourbier… 

Alors qu’il se dirigeait vers la forêt, il se disait qu’il allait suivre ce plan. Puisqu’il marchait d’un bon pas, il arriva rapidement aux boisées. Dès qu’il fut suffisamment près, il posa sa main gauche sur le premier arbre qui croisa sa route. Avec ce premier repère tactile, il passa d’un tronc à l’autre pour s’enfoncer dans cette zone forestière. En ce lieu plein d’obstacle, il ne percevait pratiquement plus la mélodie que le vent produisait. Seuls les sons d’animaux marchant, non loin, lui venaient à l’oreille. Parfois, c’était le hululement d’un grand oiseau et… Et le grondement d’une tempête qui approche.

- C’est bien ma chance.

Il soupira, en se disant qu’il avait toujours été si chanceux! Il s’enlaça doucement de ses bras puis il se frotta délicatement avec ses mains pour se réchauffer. De nouveau, il se demandait quelle direction prendre. Il avait remarqué, qu’en général, les bonnes tempêtes provenaient du sud, mais pouvait-il vraiment se fier à une chose si changeante? Il fit une moue dégoûtée quand il réalisa qu’il n’avait pas à se questionner longtemps sur cela. Ses choix étaient limités. Il se remit donc en route en allant dans la direction opposée à l’orage qui s’annonçait. Cela aurait, au minimum, comme avantage de mettre de la distance entre lui et elle.

- Flavien… J’aimerais que tu sois là…

Ses dires lui revinrent en tête.

- Les vampires ne craignent pas le froid, mais c’est notre cas. On doit apprendre à composer avec. Plus important, tu dois apprendre à composé avec toi-même.

Perdu dans ses songes, il ne remarqua pas la glace d’un ruisseau sur laquelle il marcha. Son pied se déroba aussitôt de sous lui. Cela lui valut de tomber brutalement au sol avant d’y cogner sa tête. Au moins, la neige sut amortir suffisamment sa chute pour lui éviter de perdre connaissance. Il s’assit et frotta le haut de sa nuque. L’espace d’un instant, il eut l’impression de retomber en enfance avec cette envie de chigner qui le saisit. Ce qu’il ne se permit pas. Ce n’était pas le moment pour cela. Pour essayer de se ressaisir, il frotta son visage avant de se lever. C’est à cet instant qu’une odeur familière se porta à ses narines. Il réalisa rapidement que ce léger parfum provenait de sa manche. Il toucha son poignet, intriguer, avant de le sentir à nouveau. Lorsqu’il comprit, il afficha un sourire d’amusement. Flavien avait échangé son brassard avec le sien. 

- Oui, c’est vrai. À jamais, je serais avec ma famille.

Un grondement terrible le ramena à la réalité. La tempête s’approchait plus vite qu’il l’avait prévu. Elle se faisait de plus en plus menaçante, mais cela ne brisa pas son moral, récemment retrouvé, et la confiance qu’il avait envers ses capacités. Il s’accroupit puis il tâta la glace du ruisseau. Il se dit qu’il devait mener à la rivière gelée; comme de nombreux autres. Il lui semblait qu’Oswald lui avait partagé une telle information lors des dernières semaines. Il décida de se fier à celui-ci en prenant la décision de suivre le lit d’eau. À l’aide d’une branche, qu’il ramassa, il tapota le sol pour ne pas s’égarer de cette piste. Sa route le conduisit jusqu’à cette fameuse rivière où était le pont qu’il recherchait. Une construction très sommaire et pleine de défauts, mais qui allait le mener jusqu’au Bourbier.

À partir de là, il connaissait la région comme sa poche. La suite de son « expédition » se déroula sereinement, si on oubliait la tempête qui s’abattit sur lui. Ses vêtements détrempés se solidifièrent à mesure que l’eau gelait. Sans parler de ses cheveux sur lesquelles du givre avait pris forme. Il peinait à bouger ses doigts et ses orteils. Il avait si froid qu’il n’était plus capable de contrôler ses grelottements. L’air qui devenait progressivement plus frisquet ne l’aidait guère, mais il se douta que la nuit s’était levée. Il retira son bandeau de satin qu’il laissa tomber au sol tandis qu’il admira, devant lui, la maisonnée où il avait grandi. Il lui restait une vingtaine de pas pour se rendre. Chaque mouvement lui était pénible et dur à effectuer. Il avait une seule idée en tête : rentrée se réchauffer. Peut-être n’aurait-il même pas cette chance? La noirceur lui sembla devenir plus épaisse. Il ne voyait plus rien devant lui. Étant étourdi, il trébucha et s’effondra au sol. Il n’eut pas conscience de quoi que ce soit, par la suite. Ce sont plusieurs heures qui furent nécessaires à Clovis pour qu’il retrouve ses esprits. Une douleur aiguë lacérait son corps; particulièrement ses extrémités. Cette vague sensation devint soudainement fulgurante quand il retrouva totalement sa conscience. Il grommela d’inconfort. Étant à court de force, c’était le mieux qu’il pouvait faire.

- Te voilà enfin parmi les vivants. Tu as encore les lèvres un peu bleuies.

Il ne répondit rien à cette voix si réconfortante. Il se contenta de se blottir contre la personne en omettant le fait qu’ils étaient nus sous l’épaisse couverture en fourrure. La douce chaleur qui s’y accumulait le tenait au chaud et redonnait progressivement vie à son corps.

- Je me suis désigné pour te réchauffer. Nous sommes dans la salle des rites.

Clovis observa péniblement les lieux autour de lui. Il reconnaissait, effectivement, l’oroboros ainsi que le foyer dont l’embrasement éclairait la pièce d’une douce lueur dansante.

- L’ancêtre est satisfait. Dans deux semaines, quand tu auras 19 ans, tu partiras de nuit pour le Manoir. Tu sauras te débrouiller.
- Cesse de me parler de ça.

Clovis ferma ses yeux, épuisés. 

- D’accord. Je vais réchauffer tes lèvres alors.

Sous le son de la pluie s’abattant crument sur le toit et le grondement de rage de la foudre, il était évident que personne ne vianderait et personne n’en avait besoin. Alors ils s’étaient dit : gardons jalousement ce moment pour nous.


An 3300
Manoir RoncePourpre
21 ans


 ➤Que pensez-vous de la gestion du Bourbier par les Roncepourpres ?
Comme toute gestion, elle a très certainement ses failles. Cependant, pour dire vrai, Clovis ne s’est jamais vraiment penché sur la question. Il n’a connu que cela les Roncepourpres. Dans sa clique familiale, il s’agit de l’une des personnifications de ce qu’ils vénèrent : les vampires. Il est certes assez éduqué pour se faire son propre point de vue, pourtant, à cause de sa désinvolture, il faudrait que des évènements confrontant le guide dans cette direction. Pourquoi pas son ascension au titre de vampire?
Et les rebelles ?
Un mouvement qui ne colle pas du tout avec son éducation ni même ses idéaux. Dans l’actuelle, il serait impossible pour lui de les cautionner d’une quelconque manière. S’ils ne sont pas contents de ce qui leur est donné, ils ont juste à tenté de survivre dans les bois glaciaux.
Votre but ici bas ?
Le trouver serait un bon début…



Me myself and I


Pseudo : Éos
Certifiez-vous être Majeur  ? :
Il me semblerait que je le suis depuis une décennie. Voir, peut-être deux.
Comment ton joli minois est arrivé sur le forum ? : Je suis un vieux de la vieille, moi!
Quelque chose à dire à ce propos  ? : Pas sans mon avocat.




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Othello
Garde du Manoir
cadre
Othello
Messages : 218
Lien de sang ? : Non
Mar 2 Juil - 21:53



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Fiche à nouveau validée après relecture.

Tu pourras me dire quand il sera chasseur que je tienne à jour le registre des métiers au passage une fois fait en rp, et par ailleurs, pense à ajouter un nom de famille à Clovis car il n'est plus humain il a donc gagné en considération et fait partie intégrante de la société immortelle à présent, et cette étape en fait partie.

À présent que tu es un résident du Manoir de Roncepourpre tu as été ajouté au groupe Vampires et tu peux maintenant consulter les recherches de Maîtres/Calices ou poster la tienne, demander une chambre, ou ici, demander des appartements dans cette section et créer des prédéfinis ici. Aussi la section des journaux de liens t'es ouverte, importante pour te construire des liens avec nos membres et pour pouvoir suivre ta chronologie. N'oublie pas de recenser ton avatar





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